Agressions sexuelles : une lutte sur plusieurs fronts

Les agressions sexuelles constituent un domaine assez complexe de par la diversité des expériences vécues. Chaque expérience étant unique, les circonstances, la durée, la fréquence, le type d’agressions, l’identité de l’agresseur, son âge, et celui de la victime sont autant de paramètres qui vont déterminer le ressenti et les conséquences ultérieures. Certains auront des séquelles physiques ou psychologiques, et d’autres pas.

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Toutefois, les échecs et les déceptions de la vie adulte sont susceptibles de rouvrir la blessure intérieure résultant d’un viol. Ils lui feront tout simplement écho en renforçant l’image négative qu’on a déjà de soi-même.

Lutter contre les abus c’est lutter sur différents fronts et de différentes manières.

1- Les agressions sexuelles sont variées. Il faut les identifier et les faire connaître afin de stimuler la prise de conscience. Les enfants par exemple n’ont pas toujours conscience que certains  gestes ou actes  posés par des adultes dévient fortement de la norme. Dans une culture où les tontons, tatas et autres nous prennent facilement dans les bras ou sur leurs genoux, il faut préparer les enfants à reconnaître les signes d’abus.

2- Les agresseurs ne sont pas toujours des adultes. Parfois il s’agit d’enfants ou d’adolescents. Qui eux mêmes sont aux prises d’un contexte familial dysfonctionnel où les limites sexuelles sont floues. Très souvent, ils sont exposés aux ébats des adultes, sous quelque forme que ce soit. Par conséquent, ils peuvent devenir à leur tour des abuseurs. Et entre enfants, tant de choses peuvent passer inaperçues. On se méfiera plus des adultes n’est-ce pas?

3- Quand viol rime avec inceste. L’identité de l’agresseur a une importance capitale dans certaines formes de traumatismes. Être violée par un père qu’on aime et pour qui on a du respect peut être terrible à assimiler pour le psychisme. Comment se reconstruire après ça? Face à une figure paternelle déficiente?

4- Les agressions sexuelles peuvent également être perpétrées par des personnes de même sexe. On en parle peu, mais ça existe. Certaines petites filles ont été initiées au actes de lesbianisme par une cousine, tante, femme de ménage  ou voisine. Et ceci à l’insu de toute la famille qui n’ y a vu que du feu. Avec le temps et en grandissant, elles peuvent ainsi se retrouver dans des conflits intérieurs en matière de préférences sexuelles.

5-  Les relations entre frères et sœurs ne sont pas en reste non plus. Elles peuvent aussi être entachées d’attouchements ou de violences sexuelles. Ponctuels ou répétés pendant un laps de temps assez long.

La liste est longue car on retrouve les agressions sexuelles dans différents contextes et sous différentes formes. Ce qui compte ce sont les répercussions sur la personne qui en est victime.

Très souvent, la prise de conscience survient à l’âge adulte car on a suffisamment de recul et de maturité pour voir les choses telles qu’elles ont vraiment été.

Il y’en a qui ont dénoncé, mais qu’on n’a pas cru. Ou qu’ on a sommé au silence.

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Le plus important à mon sens est de tirer les leçons appropriées de toutes ces expériences. A savoir,  comment faire pour éviter que cela ne se reproduise? Comment faire pour tourner la page? Pour répondre à ces interrogations, il serait bon d’agir en amont et en aval.

Que chacun commence au sein de sa propre cellule familiale.  

Une fois que les enfants sont en âge de comprendre, il faut leur expliquer en quoi consistent les limites corporelles.  Personne n’a le droit de les toucher ou de les caresser sur les parties intimes. Personne n’a le droit de leur demander de se déshabiller et eux non plus ne doivent pas toucher les autres de manière inappropriée.

Il est important de bien leur expliquer que si jamais ça arrive, ils devront vous en parler pour que vous puissiez les protéger et non les réprimander. Les enfants doivent être outillés pour reconnaître les signes d’agression sexuelle.

En ce qui concerne les adultes, ils peuvent demander de l’aide auprès des personnes ayant une capacité d’écoute et d’accompagnement.

Elles peuvent également se réunir et créer un groupe de parole et de soutien. Elles pourront y partager leurs expériences et se soutenir mutuellement.

La lecture est aussi un bon moyen de résilience. En vous informant sur le sujet, vous aurez une meilleure connaissance et compréhension de votre vécu. Certains livres vous fournissent des éléments de réponse ainsi que des exemples de ressources à utiliser pour s’auto-guérir.

Je ne saurais terminer sans attirer l’attention sur un point : ne confiez pas vos enfants à n’importe qui. Observez leurs changements d’attitudes et de comportements et questionnez les si nécessaire.

Soyez empathiques pour permettre à ces derniers de se confier facilement. Vérifiez, avant de les accuser de mensonges. Et en cas de besoin, demandez des conseils sur la conduite à tenir. Le soutien des parents est extrêmement important. Ne pas l’obtenir est pire que l’agression en elle-même. Ce qui peut parfois briser la confiance, et détruire les relations parents-enfants qui étaient pourtant positives et chaleureuses au départ.

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Briser les tabous est un processus. En parler est juste le premier pas. Mais c’est   déjà  un un pas énorme.


Psychologue et professionnelle RH, Yann Vivette Tsobgni est une passionnée de la santé mentale et de la relation d’aide. En 2011, elle décide de se spécialiser dans la prise en charge des personnes immigrées et se donne pour objectif de démystifier la psychologie auprès du public africain. En 2016, elle crée le blog Noire & Psy pour partager ses analyses et réflexions sur les différentes problématiques rencontrées par l’être humain.

Crier au secours quand c’est devenu trop lourd à porter.

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Source: Littleliliblue

Qui dit “deuil” dit forcément perte, renoncement, décès. Le deuil périnatal a cela de spécifique qu’il fait référence au processus qui accompagne le décès d’un enfant, pendant la grossesse, pendant l’accouchement, ou peu de temps après sa naissance.

Bien qu’on en parle peu dans certaines communautés, cette situation existe bel et bien et est vécue par beaucoup de couples ou des femmes seules.

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Selon la définition de l’OMS, un enfant mort-né correspond au « décès d’un produit de conception lorsque ce décès est survenu avant l’expulsion ou l’extraction complète du corps de la mère, indépendamment de la durée de gestation. Le décès est indiqué par le fait qu’après cette séparation, le fœtus ne respire pas et ni ne manifeste aucun autre signe de vie tel que battement de cœur, pulsation du cordon ombilical ou contraction effective d’un muscle soumis a l’action de la volonté ». Lire la suite de « Crier au secours quand c’est devenu trop lourd à porter. »