Laissons parler nos filles

Aujourd’hui, 11 octobre, le monde célèbre la journée internationale de la fille. Plusieurs campagnes ont été lancées par les organismes et associations pour mettre les projecteurs sur l’importance de cette journée notamment au niveau de la sensibilisation à l’éducation, à l’égalité des chances, à la lutte contre les mariages précoces et forcés. La campagne digitale qui invite à partager sa photo étant petite fille a beaucoup attiré mon attention et m’a propulsé dans une réflexion sur mon enfance.

Une réflexion en invitant une autre, je suis tombée sur ce discours de la kenyanne Wangari Maathai, récipiendaire du prix nobel de la paix en 2004,  qui disait ceci concernant son prix: “I am especially mindful of women and the girl child. I hope it will encourage them to raise their voices and take more space for leadership”.

Élever la voix. S’exprimer en toute liberté.  

Quand je suis devenue mère d’une fille, je me suis promis une chose, elle s’exprimera. Pour commencer par les pleurs que je n’ai jamais banalisé, par son enthousiasme, par les colères et par ses mots que je découvre peu à peu. Ceci est capital pour moi, car j’ai grandi comme plusieurs petites filles de ma génération et du milieu d’où je viens, dans le silence. Silence face aux parents, aux adultes, à l’enseignant. Petites, les enfants ne parlaient pas quand les grands parlaient. Ils étaient d’ailleurs dans leur coin d’enfants, pendant que les grands parlaient entre eux. Tout ceci, je le dis sans rancune, les parents de cette époque ont fait comme ils pouvaient avec les contraintes qu’ils avaient.

mother and daughter

A aucun moment l’idée ne m’aurait effleuré étant petite fille de venir parler de quelque chose qui me tracassais ou m’enthousiasmais à un adulte. En grandissant, ce silence s’est poursuivi dans les moments clés. Silence face aux failles du système, silence face aux injustices, silence sur les sujets tabous, silence sur la vie politique de mon pays, silence.

Tout n’est pas forcément lié mais à force d’attendre la permission et le bon moment pour parler, tant de fois j’ai manqué l’occasion décisive de m’exprimer. J’ai vu les tragédies que ce silence et cette relégation à la place d’enfant décoratif peuvent entraîner… Si le théâtre, l’écriture et la lecture m’ont aidé à briser ce cycle progressivement, j’en connais qui n’ont pas pu vraiment en sortir.

Aujourd’hui mère à mon tour, j’apprends avec une multitude d’outils à agir différemment.

Je m’interroge sur des traditions éducationnelles visant à museler l’enfant et le façonner comme on voudrait notamment dans cet article. Je reste à l’affût et constitue une bibliothèque de savoir avec des ouvrages dans lesquels ma fille se reconnaîtra et se sentira valorisée. Je souhaite qu’au sein du cocon familial, elle n’ait aucune crainte de s’exprimer (dans le respect bien sûr) et que cela soit une force pour évoluer dans le monde extérieur.

leader

Pour terminer, je dois avouer que cette plateforme est aussi pour moi un moyen d’exorciser cette injonction au silence longtemps subie. J’espère que vous qui passerez par ici, mère ou future mère, femmes, comprendrez l’importance de donner la parole aux enfants, d’écouter et d’encourager la parole des petites filles.

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