Réflexions sur la violence éducative

Le 30 avril marque la journée internationale de la non violence éducative. Je dois dire que je n’avais jamais entendu parler de cette journée. Ni du concept. Seulement depuis un moment je m’intéresse au sujet et étant une jeune maman, la façon dont je souhaite élever mon enfant se pose de plus en plus. Je parlerai donc de ce sujet avec un point de vue plus personnel qu’expert. N’ayant ni la prétention d’être psychologue ou spécialiste dans le domaine.

Mes remises en question sur le sujet, je l’avoue ont commencé à la lecture des articles de la blogueuse Best of D. C’est à travers ses textes que j’ai été initiée au concept de la parentalité positive, de la bienveillance dans l’éducation. Je dois dire que j’ai été soulagée car je pensais depuis un moment qu’il y avait forcément d’autres méthodes que les traditionnelles éducations par la terreur ou par le bâton et la carotte etc…
Quand on parle d’éducation, les questions qui revenaient pour ma part à une époque étaient : comment faire comprendre les règles de vie à mon enfant ? Comment éviter les erreurs de nos parents ? et surtout comment faire en sorte que mon enfant soit un “enfant bien élevé” ?
Aujourd’hui celles qui m’importent le plus sont les suivantes: comment faire que mon enfant se développe bien et soit une bonne personne pour elle même et pour les autres ? Juste ça.

« Les gens oublieront ce que vous avez dit, ils oublieront ce que vous avez fait, mais n’oublieront jamais ce que vous leur avez fait ressentir ». Maya Angelou

Pour en revenir à mon expérience personnelle, de mon enfance à aujourd’hui, je n’ai jamais compris la nécessité des punitions corporelles que j’ai pu subir. Ce dont je me souviens c’est du profond sentiment d’injustice qui m’habitaient et au fil du temps un détachement total. Parce que oui, à force de recevoir des coups, notamment à l’école, on devient immunisé. A titre d’exemple cet instituteur qui voulait que nous réussissions sans faute d’orthographe le concours d’entrée en 6e. 1 faute en dictée équivalait à 2 coups de chicote. Sa méthode a eu l’air de marcher car la classe a eu un pourcentage de réussite de 100%. 1 an plus tard, je devais suivre des cours de répétition car j’avais d’énormes lacunes en orthographe… La méthode n’avait donc pas été efficace. Sans compter le fait que le même instituteur, le jour de la visite de l’inspecteur des écoles avait fait disparaître sa chicote, comme par magie. Si cela était donc normal et juste pourquoi ne pas l’avoir conservé à la vue de tous ce jour là ?

La violence éducative ce ne sont pas seulement les coups ou punitions reçues, hélas les mots aussi ont une puissance de frappe. Je me souviens des lyrics d’une chanson d’un rappeur « les mots blessent, stressent, les mots le commencement des actes ». Et c’est tout à fait cela. Qui ne s’est pas vu traiter d’incapable étant enfant et a souvent dû prouver d’une façon ou d’une autre qu’il ou elle ne l’était pas. Et là je reste dans le « soft » des insultes.

D’après une des définitions du site dédié à la sensibilisation sur la violence éducation ordinaire “dès l’instant qu’un adulte ne considère pas l’enfant sur le même niveau que lui, avec donc les mêmes droits, il est dans la VEO” (Violence éducative ordinaire).

Imposer la crainte. Pas de crainte pas de discipline dit-on. C’est un peu ça pour beaucoup le rôle de la “correction” physique, de la punition corporelle, des cris et des insultes. L’enfant doit avoir peur des conséquences sur son corps et dans sa tête que ses actes peuvent poser. Mon questionnement est le suivant : ressens t-on un bien être ou une satisfaction lorsque ces différentes méthodes marchent. Et marchent -elles réellement ? Si oui pour combien de temps ?
Loin de moi l’idée de juger ou de chercher le modèle de parent parfait, qui soyons clair n’existe pas. Ici, ce qui est nécessaire dans un 1er temps c’est de savoir se remettre en question. De s’interroger, de se documenter, de se mettre dans une attitude d’apprentissage perpétuel. Patiente et humilité sont pour moi 2 attitudes clés à avoir.

Tout comme notre enfant, nous continuons d’apprendre. A notre époque où tant de lectures et d’études sont disponibles, nous nous devons et le leur devons de nous remettre en question et de nous interroger.

Pour beaucoup, les souvenirs des bastonnades et punitions ne sont pas douloureux, pour d’autres ce n’est pas le cas. Dans les 2 situations, est ce que cela aide vraiment mon enfant ou alors cela m’aide juste moi temporairement à faire passer un message ?
Après un échange avec des amis, la réflexion sur “la culture africaine” et les “choses des blancs “ est ressortie à plusieurs reprises et aussi l’argument “c’est pour le bien de l’enfant”. J’ai grandi dans la culture africaine et passée sous différents type d’éducation. La seule qui m’ait fait me sentir importante, prise en considération était celle où on me parlait. Celle où il y avait un dialogue et non pas des perpétuelles confrontations. Celle où on m’expliquait pourquoi j’avais fais une bêtise et où on me questionnait sur la raison de cette dernière. Beaucoup pensent que cela n’existe pas ou n’a jamais existé dans les communautés afro, ce qui est totalement faux.

Un ami et père noir lors d’une discussion sur le sujet a mentionné qu’il avait dû prendre des cours de gestion de la colère…Il n’ya certes pas de perfection mais le plus grand mérite c’est au moins d’essayer et savoir se remettre en question.

Humilité et patience. Nos enfants n’ont pas demandé à être là ne l’oublions pas.

Comme l’a mentionné la blogueuse et mère Anna dans cet article sur le sujet, « il n’ya d’ailleurs que dans le cadre de l’éducation des enfants qu’on considère la violence comme une preuve d’amour »…

Encore une fois cet article est écrit pour pousser à la réflexion et à l’interrogation. Le but étant d’y voir plus clair. N’hésitez pas à laisser vos commentaires et avis sur la question. Si vous avez aussi des recommandations d’ouvrages sur le sujet, elles sont les bienvenues. Tout ceci sans jument ni injonctions bien entendu 🙂

Rendez vous sur twitter pour le partage d’articles et de comptes intéressants qui débattent sur le sujet de la violence éducative durant toute cette semaine.

5 commentaires sur « Réflexions sur la violence éducative »

  1. Je suis Béninois. Je suis Étudiant en Médecine et j’ai 20 ans.
    Si vous me permettez,
    Je dirai que mon éducation a suivit le même schéma. Je veux parler entre autres de chiotes-bastonnades-cris et injures à tout bout de champs, et j’en passe.
    J’ai aussi longtemps frappé ma sœur quand elle était plus jeune. Mais j’ai compris qu’elle m’ecoutait mieux quand on discutait. Elle était déjà mature dès le bas âge. Ce qui n’était pas mon cas!
    Personnellement, ça m’a laissé des séquelles ! Pour exemple, quand j’étais encore petit (pas que je suis déjà grand aujourd’hui ! sourires) on le répétait à chacune de mes bêtises que j’étais idiot, que j’étais bête. Vous savez…à la longue, j’y ai cru. Il a fallut longtemps pour que je le prouve à moi-même que c’était faux. Et ça, ce n’est que l’exemple le plus insignigiant.
    En gros, VOE…NON.

    Il serait encore préférable que chaque parent apprenne à connaître son/ses enfants. C’est très capital. Et c’est ce que nos parents ne faisaient pas en fait. Ils ne prenaient pas le temps de nous connaître. En fait, ils nous connaissaient, mais pas comme nous sommes! Ils nous connaissaient juste comme étant leur enfant. Ce qui les poussait à nous traiter de la sorte.
    Et puisque c’est quelque chose qui a marché en leur temps, ils le font sans se poser de question.

    Et c’est ce qui m’amène à voir la situation sous un autre angle.
    Je mentirais, si je disais que cette forme d’éducation n’a pas été efficace pour certains. Pour certains, la crainte qu’engendre l’idée de la punition est comme un gouvernail qui les tient sur le droit chemin, jusqu’à ce qu’ils comprennent vraiment pourquoi il ne faut pas faire ceci ou cela.
    Parfois les enfants doivent comprendre certaines choses, mais malgré leurs efforts, ils n’y arrivent pas, juste parce que à cet âge là, ils ne le conçoivent pas.
    Pour d’autres enfants, Cnest différent. Ils comprennent bien ce qu’il ne faut pas faire, mais ils ne peuvent s’empêcher de recommencer, quand bien même on leur a expliqué.
    D’où, il est obligatoire de commencer d’abord par connaître son enfant.

    J’ajouterai aussi que, pendant l’enfance, il y a certains caractères qui sont déjà fixés, et qu’on ne peut modifier. Alors qu’il y en a d’autres sur lesquels on peut agir pour façonner l’enfant.
    C’est au parent de découvrir tout ça, afin de savoir à quel genre de môme on à a faire.
    Est-il flexible? Comprend-il ce qu’on lui dit ou pas? Sait-il pourquoi on le lui interdit ou pourquoi on l’exige ?
    S’il l’a comprit, alors arrive-t-il à exécuter ? Et comment l’aider à exécuter ? Sinon, est-ce par manque de motivation ou quoi?

    Voilà tout un tas de questions à se poser quand on est confronté à l’éducation de son enfant.
    Et ça compte aussi pour l’école.

    Pour finir, je dirai juste ceci: on ne frappe pas un enfant pour le frapper. On ne frappe pas un enfant juste parce que c’est ce que tout le monde fait et ça marche.
    Tous les enfants ne sont pas les mêmes.
    Et aussi, ce n’est pas aussi pour ça, qu’on doit eviter de frapper l’enfant quand il le faut. Des fessées, il en faut toujours. Mais c’est mieux, quand on les donne quand il le faut et que c’est nécessaire.
    Les séquelles que nous portons à cause des punitions que nos parents nous infligeaient, sont dues à des punitions qui étaient mal placées.

    Aimé par 2 personnes

    1. Merci pour ce partage. Je comprends tout à fait le raisonnement cependant je ne pense pas qu’il faille forcément une « fessée » même quand rien ne semble fonctionner pour raisonner l’enfant. Il y aura toujours une autre solution qui prendre certes plus de temps mais cela en vaudra la peine. Concernant les séquelles et punitions comme je le disais chaque personne est différente et ressent les expériences différemment. Bien ou mal placées, je n’ai pas oublié les miennes.

      Aimé par 1 personne

  2. Toutes ces fois où j’étais innocent…j’ai oublié. Le temps passant, on sait remplacer dans le cerveau ces moments par d’autres et, avec les maters pour nous coacher, on fait la part des choses pour nous et, tous ces enfants qui ne comptent que sur nous, pour avancer dans ce monde.

    Aimé par 2 personnes

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