C’est quand que je deviens maman ?

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Négatif !

Une fois de plus le test est négatif. Je le dépose à même le sol et je m’assois à nouveau sur la cuvette des toilettes. Culotte baissée et comme une envie de pleurer.

Je suis déçue. Je l’avoue. Même si rien ne me portais à croire que la graine avait été semée, j’ai espéré que les nausées que j’avais ces derniers jours étaient annonciatrices d’une bonne nouvelle.

Mais non. Négatif.

Appelez-moi Nina. J’ai 28 ans et depuis quelques mois, avec mon chéri, on s’est décidé à faire un bébé. On y pense, on en rêve, on le veut.

Mais jamais on aurait cru que ça prendrait autant de temps. C’est déjà qui, qui disait « qu’une fois suffit pour tomber enceinte » ? J’ai deux mots à lui dire. Il nous a vendu du rêve.

Parce que ça fait six mois qu’on essaie. Et toujours rien.

D’ailleurs, je me souviens de cette fois où il m’a clairement dit qu’il voulait un enfant de moi. Il m’avait regardé dans les yeux avec malice et m’avait dit :

« Et si on faisait un mini-nous ? »

J’avais souri. On avait parlé de prénoms, de petites histoires et de grands rêves.
Et depuis six mois, on essaie.

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Pixabay

Seigneur, ceci est un SOS…

Après notre première tentative, j’ai eu deux semaines de retard. Seigneur ! Je n’ai jamais imaginé un seul instant dans ma vie, que je serais si heureuse à l’idée d’avoir un retard. Je me rappelle que pendant mes années Fac, je priais le Seigneur en attendant les 5 minutes fatidiques du test de grossesse. Je priais qu’Il m’épargne d’une grossesse. Je pensais à ma mère qui allait m’assassiner et je priais « Seigneur, faites que je ne sois pas enceinte. Je promets que je me protégerais dorénavant ».

Cinq ans plus tard, assise sur ma cuvette, je faisais une autre prière. Toujours avec la même foi. « Seigneur, de grâce…Faites que je sois enceinte ».

Qui l’eut crû ?

Test après test, j’avais prié. Ce soir aussi, j’ai encore prié…Mais négatif. Le test est toujours négatif.

J’ai même attendu 15 minutes de plus avant de jeter l’emballage, histoire d’être sûre. Mais, c’est négatif.

Le gynéco, mon mec et moi…

Vous savez quand ce genre de situation arrive, on regarde toujours la femme du coin de l’œil. Mon chéri m’avait regardée avec suspicion après un long moment d’amour.

  • Tu me dirais si tu avais des complications ?
  • Mais oui, bien sûr.
  • Tu n’as jamais avorté ?
  • Mais non…Jamais
  • Ok.

Il s’était endormi. Pas moi.

Toute la nuit, j’avais rêvé d’une possible infertilité. Et mes rêves s’étaient transformés en cauchemars…

« Et si j’étais stérile ?… »

« Et si j’avais un souci… »

« Et si… »

Tellement de « si » qui m’ont conduite à la clinique le lendemain. Je voulais voir un gynéco. D’urgence.

Je suis tombée sur un Monsieur extraordinaire qui m’a rassurée que je n’avais pas à m’inquiéter.

« Six mois de tentative, ce n’est rien » m’a t-il dit.

Mais je n’étais pas rassurée. Malgré l’échographie qu’il me fit, j’ai demandé à passer tous les tests possibles pour être sûre. Il m’a dit que ce n’était pas la peine. J’ai insisté.

Deux semaines après, je les ai faits. Dieu ! Ils ont couté les yeux de la tête ! Mais j’ai payé sans broncher. Pour ma tranquillité.

« Rien à signaler…Tout va bien » m’a dit mon gynéco, avec un sourire amusé.

J’étais soulagée. Il a demandé à ce que mon chéri passe aussi des tests. Il faut vérifier que chez lui aussi, tout fonctionne bien.

J’ai passé le message. Il m’a répondu « Pas de soucis. On fait ça quand ? ».

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Pixabay

Bref. Voici où on en est.

A l’instant où j’écris ce papier – De mon téléphone – il est derrière la porte. Je l’ai fermée à double tour. Il a demandé déjà une centaine de fois pourquoi je traînais autant. Je lui ai crié que c’était négatif.

Je crois qu’il a senti de la tristesse dans ma voix. Il m’a répondu : « Pas grave… ça se fera quand ça se fera ».

Je n’ai pas répondu. Je pense que je suis triste. Impatiente et triste.

Il a mis de la musique. Il est revenu frapper à la porte.

« Ca va ?…Nina ? Ouvre…Ça va ? »

Oui, ça va.

On m’avait pas dit que ça prendrait du temps pour faire un bébé. Je pensais que ça irait plus vite. D’autant plus qu’on le veut.

Je suis déçue. Mais pas abattue.

« Oui chéri…Ca va ! J’arrive ! »

Je termine d’écrire ce texte, toujours affalée sur la cuvette des toilettes. La culotte descendue et mon homme qui s’inquiète de l’autre côté de la porte.

Je respire. J’arrête de me mettre la pression.

Ce bébé, il viendra. Et quand il sera là, croyez-moi, il aura des comptes à me rendre.

Une future maman 😊


Le sujet de l’infertilité ou de l’enfant qui se fait attendre dans la communauté afro est parfois source de nombreuses tensions voir même de séparation. La psychologue de l’équipe des Maters, Yann V. a décrypté cette épreuve traversée par de nombreux couples. Elle explique notamment l’importance culturelle d’avoir un enfant et propose des pistes de réflexion bienveillante. Son article est à lire ICI

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