Elle est ma vie, elle est mon histoire, elle est mon avenir

On est en 2007, quand naît Menelika, elle, le fruit de tous mes émois.

Elle était si frêle et douce, elle donnait tellement envie de la prendre dans nos bras.

Je n’avais jamais pensé qu’un jour elle serait l’objet de ma vie, la raison pour laquelle je veux réussir.

Maman avait été frappée par une crise de thyroïde cinq mois après lui avoir donnée la vie, elle devait être évacuée en France pour des chirurgies et des soins.

C’est alors qu’elle me laissa une poupée de 7 mois dans les bras. Moi, J’étais à peine une adolescente !

Je me souviens que j’étais en classe de 4ème quand maman est partie. C’était un grand moment de tristesse et de solitude. Je me souviens aussi que j’ai fait une dépression à l’époque, elle me manquait beaucoup. J’avais pris une vingtaine de kilos en trois mois parce que je me réfugiais dans les sucreries pour faire passer le chagrin (et que j’avais un papa gâteau désemparé qui me passait tout).

Menelika
Menelika tenant une copie de mon verset biblique préféré

Menelika avait un an quand j’ai pris conscience de la responsabilité qui m’incombait. J’avais un seul grand frère pour m’épauler et mon autre petite soeur , en gros, pas grande expérience dans la gestion infantile. Un jour alors qu’elle apprenait à faire ses premiers pas, Menelika a glissé sur du carreau et s’est faite une entaille sur le front, créant ainsi un gisement de sang sur son visage. j’ai dû la transporter d’urgence à l’hôpital pour qu’elle reçoive ses soins. Je crois que c’est de là qu’est parti le déclic! Elle allait se faire injecter quand mes larmes tombèrent sur le dos nu de cette dernière dans mes bras.  Le personnel hospitalier était ébahi, surpris, étonné ! J’ai ressenti en moi à cet instant précis l’une des douleurs les plus vives de ma vie. J’aurais tout donné pour être injectée à sa place. La douleur de savoir qu’elle aura mal, la douleur d’imaginer son chagrin, la douleur de la voir souffrir, la douleur de voir sa douleur, j’avais la gorge nouée, et pour une raison inexplicable, je ne puis parler, je ne puis dire ce qui m’arrivait, je ne puis m’exprimer. Tout ce que je voulais? Qu’elle soit apaisée de son mal.

C’est après cet étrange épisode que j’ai commencé à développer un attachement particulier à ma Cookies comme je l’appelle affectueusement.

Du moins que j’ai pris conscience de cet attachement. Tout ce qui touchait à sa santé, son développement, son école, son être, sa vie, tout, absolument tout m’intéressait! Je prenais un plaisir énorme à lui apprendre à prononcer des sons avec ses 12 dents.

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Dessin de moi-même que Menelika m’a offerte pour mon anniversaire en avril dernier

J’étais fière d’elle à chaque étape et je voulais qu’elle grandisse bien. J’ai appris les années passants à faire preuve de rigueur, à faire preuve de rigidité, à faire preuve de sévérité, parce que pour elle je veux le meilleur. J’ai aussi appris à savourer les moments où elle venait me couvrir de bisous, où elle venait se cacher sous mes jupons; ces moments où elle me lâche un : “Cookies, je t’aime” . Elle continue aussi à m’appeler “Maman” au quotidien, elle est reconnaissante pour chaque chose que je suis dans sa vie. Mais elle n’imagine pas à quel point, moi, je suis reconnaissante pour chaque chose qu’elle est dans ma vie ! Chaque émotion qu’elle me fait ressentir, chaque douleur aussi , chaque difficulté que je traverse en pensant à elle ou encore chaque coup que j’encaisse pour qu’elle aille bien.

Je me suis souvent privée pour qu’elle obtienne ce que son coeur désirait ou je me suis souvent faites reprendre pour qu’elle ne soit punie, mais à chaque fois je l’assume avec le plus grand plaisir , simplement, pour le bonheur de la voir grandir !

She means the world to me” comme l’aurait dit nos frères anglo saxons. Elle est aujourd’hui pour moi ma vie, mon histoire et mon futur. Jamais je n’ai autant aimé un être. Jamais. Hier encore, quand je la regardais se questionner sur l’arrondissement soudain de sa poitrine, j’étais émerveillée, elle devient un bout femme, une “ado”! C’est un sentiment inexplicable, sur lequel il est difficile de mettre des mots. Pour chaque sourire, pour chaque larme, et bien plus encore, elle est ma vie, elle est mon histoire, elle est mon avenir !

 

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Menelika, à son bal des finissants des études primaires, Juin 2017

2 commentaires

  1. Notre petite Menelika a grandi! Je me souviens à sa naissance. J’étais frustrée! C’est la seule de ma fratrie à ne pas être née en ma présence en dehors de mon grand-frère. La maladie de maman l’a obligé à venir en France avec elle une fois et là j’ai eu la joie immense de m’occuper de son dernier marché. Une enfant si discrète mais à l’imagination débordante. Notre petite « Méné »…

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