Une mater américaine au Sénégal

Kari Masson encore surnommée Madame “Dakar Eats” ou Khady son prénom sénégalais, grâce à son blog où elle partage les meilleurs plans restaurants et “bouffe” de la capitale sénégalaise, est une américaine, maman de 2 enfants. Installée à Dakar au Sénégal depuis quelques années, elle nous a tapé dans l’oeil avec ses partages sincères de son quotidien de maman sur son blog Senegal Daily et ses réseaux sociaux. A travers cet interview nous avons voulu raconter sa réalité de maman américaine “toubab” qui élève ses deux enfants dans un pays à la culture différente de la sienne.

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Les MaterS: Depuis combien de temps vis-tu au Sénégal avec ta petite famille ?

Kari: Quand nous sommes arrivés au Sénégal en 2011, j’étais enceinte de quelques mois  de mon premier enfant. J’ai par la suite eu une fille également née ici (Dakar, Sénégal) et les deux (mon fils et ma fille) considèrent le Sénégal comme chez eux.

LM: En tant que maman “toubab” et américaine au Sénégal, comment arrives tu à mixer l’influence des différentes cultures ?

K: Du moment que nous avions décidé de nous installer au Sénégal, il était très important pour nous que nos enfants s’y sentent à l’aise. Dès le début, nous avons mis un point d’honneur à ce qu’ils apprennent le wolof ainsi que le français. Mais à la maison, nous parlons anglais. Nous mangeons généralement américain ou français mais je fais en sorte que nous mangions également des mets locaux tels que le mafé (sauce d’arachides) ou le thiéboudienne (riz au poisson) et ils savent manger correctement autour du bol. 

Nous leur avons appris comment saluer selon la culture locale, quand ils ont commencé à aller à l’école, ils ont appris à faire la bise ou l’accolade selon la situation. A certains moments, je me rends bien compte qu’ils ne savent pas quelle culture respecter dépendamment de la situation mais cela m’arrive à moi aussi, ce n’est pas bien grave. C’est aussi ça être expat. Mes enfants n’auront jamais la nationalité sénégalaise mais ce qui m’importe le plus c’est que cette culture sénégalaise fasse partie de leur identité.

LM: Sur ton compte Instagram ou ton blog, on peut voir que tes enfants ont bien intégré les us et coutumes de la Téranga et même quelques mots de wolof, dirais-tu qu’ils se sentent plus sénégalais qu’américain (ou français?) ?

K: Mon fils de 5 ans sait parfaitement qu’il est un Américain qui vit au Sénégal. Nous rentrons une fois par an aux Etats-Unis, il connait sa famille et il sait un peu comment est la vie aux USA.

Ma fille de 3 ans par contre est convaincue d’être sénégalaise. Peut – être parce qu’elle a été massée traditionnellement à la naissance et lui pas ? Ou parce que j’ai mangé plus de piment pendant sa grossesse lol ? Quel que soit le cas, des deux, elle est la plus sénégalaise.

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LM: Ya t-il eu de grosses différences culturelles que tu n’as pas réussi ou que tu as dû expliquer difficilement à tes enfants ?

K: En toute honnêteté, les différences sont plus difficiles à expliquer aux adultes qu’aux enfants. Par exemple, « pourquoi les talibés sont à la rue » nos amis qui visitent le Sénégal n’arrivent pas à se faire à cet aspect de culture ; mais mes enfants les saluent, jouent avec eux ou partagent leur goûter avec ces enfants.

Par ailleurs, vu que mes enfants vivent plus au Sénégal, expliquer les différences avec les Etats-Unis relève parfois du défi.

LM: Qu’est ce que tu aimes le plus et le moins dans le fait de voir grandir tes enfants au Sénégal ?

K: Il est de loin intéressant d’éduquer des enfants ici car les Sénégalais aiment les enfants. Si nous sommes dans la rue, au restaurant, ou en partance pour une autre ville, les gens sont gentils avec nos enfants. Ils ne sont pas considérés comme une attraction ou comme des trouble-fête… mais juste comme des enfants qui ont besoin d’explorer et de jouer. Ça me touche particulièrement quand des hommes de tout âge des plus jeunes aux plus âgés s’arrêtent pour jouer avec les enfants. Je pense que c’est une façon d’entretenir l’estime de soi qui n’existe pas dans beaucoup d’autres cultures.

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Le plus dur c’est le manque de structures de loisirs et d’apprentissage en commun. Les parcs me manquent, les grandes bibliothèques pour les contes à leur lire, les trottoirs interminables pour faire de longues promenades.

LM: Comment tes proches hors Afrique perçoivent le fait d’élever ses enfants en Afrique de l’Ouest et précisément au Sénégal ?

KM: C’est une question intéressante. En fait, j’ai grandi en Côte d’Ivoire, donc pour ma famille élargie, ça n’a rien de nouveau. Mais pour ma belle-famille, c’était plutôt difficile que l’on parte de l’autre côté de l’océan avec leur petits-enfants. Aussi, ils sont très connectés (Facebook, Instagram et Facetime) et de par leur visite au Sénégal, ils ont compris pourquoi nous aimons tant le Sénégal et que c’est un endroit sain pour notre famille.

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LM: Quels conseils peux tu donner aux mamans dans le même cas que toi pour une meilleure intégration au Sénégal ?

KM: Même si nous nous considérons chez nous, nous sommes des “invités” au Sénégal et je tiens à être un invité respectueux. Même si les parcs et bibliothèques me manquent, passer la journée à se plaindre n’y changera rien. Mais emmener les enfants à la plage où ils peuvent courir et apprendre à faire du surf (ce qu’ils ne peuvent pas faire là d’où je viens en Amérique) ou les emmener dans la maison d’ami au village où ils peuvent s’amuser avec les chèvres et voir comment les arachides poussent… EN un mot il faut se focaliser sur ce qu’on peut faire avec ce qu’on a plutôt que de penser à ce qui nous manque. 

Un autre avantage de la vie d’expatriés c’est que nos amis proviennent littéralement de tous les coins du monde et il y a un sentiment de respect mutuel et de liberté d’élever nos enfants sans jugement ni pression. Allaitement maternel ou lait artificiel, co-dodo ou berceau, tissu ou jetable … nous faisons chacun ce qui fonctionne le mieux pour notre famille.

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LM: Quelles maters inspirantes sur la toile nous recommandes-tu de suivre ? (vivant en Afrique)

K M: Il yen a pas mal, ce serait difficile de toutes les citer mais en voici quelques unes :

Annica Haque est une mère de trois enfants qui a créé sa marque de vêtements pour enfants Bapribap en utilisant des textiles d’Afrique de l’Ouest.

Sosso Ndir_ est une femme et une mère étonnante et une véritable ambassadrice de la culture sénégalaise.

Karli Von Herbulis est une maman américaine basée au Rwanda qui est souriante et pleine de vie.


Kari_MassonKari Masson est une américaine vivant au Sénégal avec sa famille. Mère de 2 enfants, elle s’occupe aussi du contenu de différentes plateformes en ligne. Impliquée dans des œuvres sociales, elle utilise également ses comptes sociaux pour mettre en lumière des initiatives et talents autour d’elle. Retrouvez Kari sur ses différentes plateformes 

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